Un été au Togo épisode 3 : La vaisselle par Artémise

La vaisselle, autant corvée qu’opportunité.  Chaque journée débutait par des tâches à effectuer par les enfants afin d’entretenir le site du camp. À tour de rôle durant la semaine, chaque groupe devait faire la vaisselle, aider à la cuisine, balayer, nettoyer les WC, assurer l’approvisionnement d’eau, installer les chaises. En France, en règle générale, en colonie de vacances ou classe découverte, tout l’entretien du lieu est pris en charge par un personnel. Je trouve que c’est important que les enfants participent à la gestion du lieu de leurs vacances.

D’une part, travailler ensemble unit le groupe, d’autre part, les enfants sont plus respectueux des infrastructures mobilisées pour le camp. J’avoue que j’ai tout de même réussi par deux fois à échapper à la tâche nettoyage des WC, la première semaine je me suis réfugiée en cuisine, la seconde semaine j’ai fui en allant planter des arbres, profitant d’une mobilisation exceptionnelle ce matin-là.
La tâche vaisselle était pour moi la plus impressionnante. Lorsque nous commencions, je voyais les piles de vaisselle des trois repas de la veille que nous avions à laver : deux cent cinquante gobelets, cinq cents assiettes, les seaux e  t bols en plastique utilisés pour transporter la nourriture, les énormes chaudrons des cuisinières, tous les ustensiles de cuisine…

De part et d’autre de la longue table s’alignaient deux chaînes de travail. Au bout, nous avions toute la vaisselle sale, puis une bassine d’eau dans laquelle on versait de la poudre de savon jusqu’à ce que l’eau mousse, ensuite une bassine pour rincer dont l’eau était claire pour les vingt premiers plats seulement, enfin quelqu’un pour empiler les plats. Nous étions bien loin des normes d’hygiène et de propreté européennes et pourtant nous nous en sommes très bien accommodés. Quant aux grands chaudrons, des volontaires pour les laver ne manquaient jamais, la récompense étant le droit de finir ce qui restait au fond. De quoi repenser notre propre rapport à la faim et à la nourriture…

De façon générale, l’autonomie et l’implication des enfants dans les tâches quotidiennes m’ont impressionnée. Par exemple, des plus grands aux plus petits, tous faisaient leur propre lessive à la main (même si je ne suis pas sûre que les petits aient lavé plus de deux fois leur t-shirt pendant les deux semaines de camp).
Personnellement, j’ai senti que participer à la réalisation des tâches m’a permis de m’intégrer à plusieurs niveaux. Avec les jeunes de mon âge, j’ai eu de belles discussions lorsque nous étions réunis autour de tâches communes, notamment en cuisine. Une certaine proximité s’est installée entre les enfants qui voyaient que je partageais leur travail et moi. De même les cuisinières appréciaient que je leur file un coup de main sans qu’elles me le demandent et elles m’ont témoigné à plusieurs reprises leur bienveillance.

Artémise

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