Un été au Togo épisode 2 : Les dortoirs par Artémise

Suite au camp chantier organisé par l’ONG A.N.G.E à Tchekpo (Togo) cet été, voici le second épisode du témoignage des Papillons d’Avenir En Héritage proposé par Artémise.

Le camp était installé dans une école primaire au bord du village de Tcheckpo. Deux longs bâtiments étaient disposés de part et d’autre d’une grande cour de terre battue herbeuse, ombragée par des grands arbres. A la différence d’une école française, pas de goudron et j’ai surtout remarqué l’absence de délimitations précises du terrain scolaire. Chacun des deux bâtiments disposait de deux grandes salles de classe. Trois salles ont été transformées en dortoirs ; la dernière est devenue l’infirmerie ainsi que l’espace de rangement du matériel. En Europe, un dortoir de colonie de vacances est assujetti à des normes sécuritaires strictes : un nombre défini d’enfants, des placards ou étagères pour ranger ses affaires, etc. Au camp, la seule nécessité était la moustiquaire.

Les enfants dormaient sur des nattes par terre, chacun avait un petit sac avec deux ou trois habits de rechange. Comme les ouvertures équivalentes à des fenêtres n’avaient ni rideaux ni volets, les enfants étaient réveillés dès cinq heures et demi du matin, au lever du soleil, soit au moment où l’activité au village commençait. La progression du séjour et la fatigue qui en résultait ont tout de même retardé l’heure de réveil, mais le début des tâches quotidienne n’est jamais intervenu plus tard que six heures quarante-cinq.

Être installée dans une école ainsi que l’entourage de tous ces enfants m’a permis de découvrir un peu le fonctionnement de la scolarité au Togo. En primaire, les enfants sont parfois jusqu’au nombre de soixante-dix par classe, partageant à trois un banc et une table qui fait la moitié de la largeur des nôtres. Sur les tableaux, les dernières leçons n’avaient pas été effacées. J’ai repéré un dessin légendé de volcan, une description détaillée de l’appareil digestif des ruminants, des calculs mathématiques, des phrases basiques d’éwe traduites en français… La réussite scolaire est un vrai défi pour les Togolais ; les conditions d’étude sont rudes et les exigences très élevées. Le système scolaire est hérité du système français, mais là où le nôtre bénéficie de nombreuses, voire d’excessives réformes, le Togo peine à s’affranchir du modèle qui a été instauré à l’époque coloniale et à concevoir un système éducatif plus adéquat à la croissance démographique et aux évolutions économiques et sociales de leur pays.

J’ai passé mon bac cette année et j’ai été surprise du prestige dont il jouit au Togo par rapport à la France. En général, les Togolais l’obtiennent deux, trois, voire cinq ans plus tard que nous. Le bac togolais est l’un des plus difficiles à obtenir en Afrique de l’ouest car les lycéens passent le bac I en première et le bac II en terminale et le taux de réussite est aux alentours de 50% à chaque fois. En 2017, alors que le taux de réussite a été de 62 % pour le bac II, de nombreuses critiques ont été formulées contre un bac jugé trop facile.

Artémise

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