Social Economy Europe

DSC00090Nous avons rencontré Víctor Meseguer, chargé de mission à Social Economy Europe (SEU). SEU est un lobby européen. Ils représentent des organisations nationales et européennes de l’économie sociale.

Leur activité principale ce semestre sera d’animer le secrétariat de l’intergroupe de l’économie sociale au Parlement Européen.

L’intergroupe est une instance où il y a une représentation du parlement (députés) et des membres de la société civile qui représentent le secteur. C’est un espace de dialogue et qui permet de marquer l’agenda des institutions européennes.

Il existe une vingtaine d’intergroupes au Parlement, et il est très difficile d’être parmi eux. Depuis 1990, un intergroupe sur l’économie sociale est en place au Parlement Européen, mais à chaque législature une nouvelle campagne est lancée pour gagner sa place.

Cette année, SEU a fait une campagne pour que l’intergroupe soit mis en place. Ils ont eu l’appui de 80 députés européens.

  • Composition du bureau :

Il y a 5 co-présidents et 2 vices présidents qui représentent 5 groupes politiques (Libéraux, les Verts, la Gauche, les Socialistes euro, Parti Pol Européen) et 4 nationalités (France, Suède, Espagnol, Portugal).

Pour les élire il y a une campagne et ce sont les membres qui décident. Dans chaque groupe, des gens sont intéressés par le sujet, donc ils mènent la campagne. Il y a des référents dans 5 groupes politiques: c’est une chance et une nouveauté cette année (un membre d’ALDE dans l’intergroupe : les libéraux démocrates européens).

  • Intérêt pour le secteur:

L’ESS gagne de la visibilité au Parlement, au Conseil et à la Commission européenne. C’est une victoire politique énorme ! Ca démontre que le parlement européen soutient l’ESS, c’est un message politique important.

  • Activités de l’intergroupe :
  1. La commission va bientôt décider son programme pour les 5 prochaines années. La mission principale de l’intergroupe va être de faire de l’agenda de la Commission européenne, une priorité pour l’économie sociale. Concrètement, ils demandent la mise en place d’un plan d’action pour le développement de l’ESS en Europe :

    C’est établir des objectifs concrets en terme de création d’emploi, d’investissement dans le secteur et sur le cap législatif.

  2. L’intergroupe envisage d’envoyer une lettre aux commissaires européens, pour identifier qui sont leurs interlocuteurs. Car ce n’est pas clair. Ils vont s’adresser à eux à travers 80 députés, avoir plus de visibilité. Ensuite l’objectif est de leur adresser des demandes concrètes, comme le plan d’action ou la mise en place de statuts pour le développement des entreprises de l’ESS. La coopérative a un statut européen, mais les fondations, associations et mutuelles n’en ont pas. Ca ne leur permet pas d’accéder aux marchés intérieurs et de concurrencer les autres formes d’entreprise.

  • Qu’elle est votre position par rapport à l’entrepreneuriat social :

Concernant l’entrepreneuriat social, il y a une confusion terminologique énorme. Il faut clarifier ce qu’on entend par économie sociale. L’entrepreneuriat social est une partie de l’économie sociale.

« L’entrepreneuriat social pose un problème si c’est en dehors de nos valeurs ».

Si c’est résoudre des problèmes sociaux sans faire attention à la gouvernance interne et la redistribution des bénéfices, alors on est en désaccord.

  • La diversité du secteur : un problème d’unité ?

C’est un secteur divers, mais il y a une identité commune très claire :

  1. La prééminence de la personne sur les bénéfices : il faut toujours maintenir l’emploi avant de faire des bénéfices.

  2. Bénéfices réinvestis ou distribués entre les membres.

  3. La démocratie participative.

Le principal est la différence avec le secteur privé traditionnel.

  • L’ESS aujourd’hui par rapport à il y a 10 ans :

Mieux reconnu, mais grosse confusion de ce qu’on entend par l’économie sociale.

L’utilisation des termes qui semblent à la mode est une des caractéristique de l’UE, « social entrepreneurship », « social business ». Il y a un gros travail à faire. Il faut montrer qu’on a un lien réel avec la croissance, la création d’emploi.

« Il y a beaucoup d’importance terminologique et conceptuelle, c’est une bataille importante »

  • Que pensez vous de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) ? :

« C’est fantastique, et dans l’ESS on en fait depuis des années »

Concernant les multinationales, faire du Green Washing ou du Social Washing c’est mieux que de ne rien faire, surtout si le Social Washing est réel.

  • L’économie sociale, un modèle qui viendra remettre en cause l’économie capitaliste ?

« Nous on est complémentaire à l’économie traditionnelle, on représente une alternative qui offre des avantages aux acteurs politiques et aux citoyens. J’espère bien que cette alternative sera plus dominante que l’économie classique à terme. On croit que ca mène à des changements sociaux importants »

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