SAW-B : Solidarité des Alternatives Wallonnes et Bruxelloises

DSC00073Nous avons rencontré Marie-Caroline COLLARD, directrice de SAW-B et Frédérique Konstantatos, responsable animation. SAW-B est une fédération qui représente l’économie sociale dans divers lieux et structures. Ils ont pour but de représenter et de faire du lobbying en faveur du secteur de l’économie sociale (ES) Notre vision de l’Économie Sociale Européenne (SEU) est de conserver l’héritage du passé pour penser le futur et encourager toutes les nouvelles initiatives, citoyennes et d’entreprenariat social.

  • Quelle est votre définition de l’Économie Sociale (ES) ?

  Nous nous accordons sur la toute première définition faite en Belgique, construite avec les acteurs de l’ES et des académiciens comme J.Defourny. Elle s’appuie sur des principes éthiques :

  • Le profit n’est pas la première finalité
  • L’autonomie de gestion : un système entre public et privé
  • Le processus de gouvernance démocratique (un homme = une voix)
  • La primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus

Cette définition vient de la Loi sur l’économie sociale de 1995, il y avait à l’époque une forte envie de reconnaissance.

« Mais un statut reste un indice, cela est nécessaire mais peut ne pas être suffisant. Aujourd’hui il y a la montée de l’entrepreneuriat à prendre en compte. »

Benoît Hamon s’est rendu en Belgique avant la parution de la loi française du 31 juillet 2014. On retrouve une cohérence entre les deux définitions.

  • Comment se positionne ce secteur par rapport à l’économie en général ?

Il y a plusieurs postures. Certains sont conscients qu’il existe un marché [avec plusieurs types d’acteurs] et veulent une économie plurielle. D’autres sont plus radicaux, ils veulent renverser le modèle classique.

Dans le contexte actuel de post-crise, les conséquences dramatiques pour les peuples des politiques d’austérité va favoriser  l’ES. Car elle devient une nécessité, porteuse d’alternatives et de réponses économiques. C’est une occasion historique qui permettrait de ramener des solutions par l’entrepreneuriat, montrer que cela fonctionne et peut changer des choses.

  • Que pensez-vous d’une harmonisation de l’ES au niveau européen ?

Il faut avoir une vision d’ensemble, mais chaque pays a une vision de l’ES propre à son histoire et à sa culture.

  • Les pays du sud de l’Europe: France/Espagne/Italie ont une forte présence de l’État dans leur choix politiques.
  • Les ex-pays soviétiques ont reconstruit leur économie et les services qui avaient disparus sur l’entrepreneuriat, ils ont par la même occasion éradiqué tous types de structures coopératives.
  • L’Allemagne, le Royaume-Uni et les pays scandinaves ont une culture plus entrepreneuriale.
  • En Belgique ce sont des associations qui rendent des services publics plutôt que des coopératives en Italie ou en Espagne.

En revanche, nous avons besoin d’un encadrement juridique.

  • Les statuts européens

Il y a un statut de coopérative européenne, mais pas de statut pour les mutuelles, associations ou fondations. Et on en a besoin. Les décideurs jouent sur le fait que le statut des coopératives européennes n’a pas rencontré un grand succès. Mais cela signifie que le statut est à revoir,  pas que ce n’est pas une bonne idée. Au contraire il faut voir ce qui n’a pas fonctionné et le modifier.

« L’Europe doit proposer des choses, on a besoin de ce genre de chose».

Il y a une nécessité de travail européen car 75% de nos législations nationales découlent de décisions européennes. La directive sur les marchés publics votée en 2012 en est un exemple.

  • Quelles sont vos attentes des instances européennes ?

Grâce à l’intergroupe sur l’économie sociale, nous attendons que nos demandes et préoccupations soient davantage prises en compte par le Parlement. La nouvelle Commission va reprendre les travaux qui ont été entamé lors de la précédente. Elle doit les approfondir et les améliorer. Ces travaux sont autour des statuts européens, des programmes de recherche et développement, des marchés publics et de la fiscalité.  

  • Il y aura-t-il plus d’intérêt de la part des commissaires ?

Pour l’instant ce n’est pas terrible, un travail d’interpellation va être effectué grâce au mouvement de l’intergroupe. Mais cela dépend de la sensibilité des commissaires vis-à-vis du secteur de l’ES. S’accélérer non, mais il faut déjà remettre les préoccupations à l’ordre du jour de la Commission.

  • Quel est l’intérêt de travailler avec les institutions européennes ?

L’inscription dans la dynamique européenne est essentielle car il y a une série de dossiers où il y a des puissants acteurs au niveau européens, auxquels nous pouvons apporter nos questions et nos attentes afin qu’ils puissent les faire entendre à un niveau supérieur.

« L’Europe c’est une technicité vraiment terrible, mais derrière il y a des enjeux politiques fondamentaux. »

Il faut d’abord  passer outre la technicité pour être capable d’amener des propositions d’amélioration sur des éléments très pointus.

On peut dire qu’il y a un paradoxe : alors qu’on est globalement opposé à la logique européenne actuelle (libéralisation totale, austérité, …), concrètement, on doit suivre les politiques européennes de près et les influencer parce qu’elles vont avoir un impact direct sur la vie et l’organisation des entreprises sociales. Ce qu’il faut noter, c’est que l’on influe plus lorsque l’on connaît les quelques personnes au bon poste.

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