Rencontre avec LEILA BELAOUCHET – « L’évaluation des politiques publiques »

évaluation publique - CopieLors d’une formation civique et citoyenne, nous avons pris contact avec Aude Prou, responsable de l’accompagnement des volontaires en Services Civiques au sein de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) à la Rochelle pour lui parler du projet sur le bonheur initié par Avenir En Héritage.

L’une des premières phases de ce projet a permis à Florine et Robin, volontaires en service civique en 2014-2015 de découvrir l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) dans le monde et nous nous sommes demandés si l’une des finalités de l’ESS n’était pas « tout simplement » de chercher le bonheur à travers la réconciliation de l’économie et du social, en remettant l’homme au cœur de notre projet de société.

Pour aller plus loin et essayer de dépasser la vision un peu angélique que risquait de donner l’appellation de notre projet, nous avons souhaité nous pencher sur les dispositifs d’évaluation des politiques publiques. Le bonheur était-il au cœur des préoccupations des décideurs ? Sa mesure imprégnait-elle toute la chaîne de commandement, toutes les parties prenantes ? Nous avions le sentiment que si la quête du bonheur semble la chose la plus universelle qui soit au monde, le mot « bonheur » est très peu présent dans les discours des acteurs politiques, économiques et sociaux. Nous voulions en savoir plus et découvrir si, au-delà du mot Bonheur, existaient des dispositifs de mesure permettant de relever le degré de satisfaction des usagers vis-à-vis des politiques publiques et de synthétiser les données récoltées pour dresser un portrait des Français sous l’angle du bonheur.

Pour cette raison, nous avons rencontré Leila BELAOUCHET, Conseillère Technique Régionale en Travail Social au sein de la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse des Sports et de la Cohésion Sociale sur l’antenne de Poitiers et qui s’investit, notamment sur une mission d’observation.

Cette entrevue avait pour finalité de mieux comprendre comment sont évaluées les politiques publiques et de mieux cerner la façon dont elles sont élaborées : ont-elles pour finalité le bonheur de la population ? Leila BELAOUCHET nous a fait partager son parcours professionnel en tant que travailleur social.

Pour évaluer les politiques publiques, il faut dans un premier temps, identifier les impacts recherchés par les dispositifs mis en place. Quels sont les résultats attendus sur le territoire ? Pour se faire, il est impératif d’établir un cahier des charges précis sur le dispositif concerné.

De son point de vue personnel, c’est dans une démarche de co-construction que celui-ci devrait être rédigé. Professionnels, usagers et financeurs y participent afin que tout le monde s’y retrouve dans les objectifs attendus de cette évaluation. Il peut être fait appel à un cabinet externe, qui réalisera l’étude d’impacts par le biais de questionnaires et d’entretiens individuels auprès des publics et des professionnels concernés par le dispositif mis en place.

Par ailleurs, elle nous explique qu’il existe d’autres outils tels que le « contrôle d’actions » pour réajuster l’action mise en place. Contrôler une action, c’est permettre de vérifier la concordance entre l’action et les besoins des personnes.

Il faut signaler que cette mission dite de contrôle suscite bien souvent des inquiétudes. L’évaluation est encore trop perçue comme une « évaluation sanction » et la culture de l’évaluation n’est pas encore totalement entrée dans les us et usages des acteurs de terrain.

En réalité, Mme BELAOUCHET définit sa mission plus comme un appui-conseil, un outil au monitoring des projets. Il est également essentiel de veiller à la cohérence des actions financées qui doivent se raccorder à une politique publique. Théoriquement, les résultats, effets et impacts des actions devraient permettre de nourrir en retour le processus d’élaboration des politiques publiques.

Dans ce processus, la place accordée aux usagers, et non plus bénéficiaires, n’est pas encore à la hauteur des discours relatifs à l’implication de toutes les parties prenantes, thème central du développement durable. La difficulté n’est pas tellement technique mais presque « philosophique ». Pourquoi l’usager serait-il moins légitime que l’expert, l’élu, à participer en amont comme en aval, à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques ?

Dans une société qui reste encore très cloisonnée, c’est presque une révolution culturelle que d’introduire des indicateurs qualitatifs et de reconnaître une place d’égal à égal à l’usager. Pour autant, même si le mot bonheur n’apparaît pas en tant que tel dans les évaluations, la recherche du degré de satisfaction des usagers participe bien d’une volonté d’apprécier qualitativement un dispositif au regard de la valeur ajoutée qu’il apporte dans la vie des usagers.

On peut donc dire que les dispositifs se préoccupent de l’amélioration des conditions de vie :

À ce jour, le mot bonheur, n’est pas un critère d’évaluation pour évaluer les politiques publiques. Néanmoins, l’objectif reste le même : Le vivre-ensemble et la cohésion sociale.

Rachel Hernandez et Jean-Christophe Pauget

 

 

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