L’équipe RISE à la Commission Européenne

thVendredi matin à notre arrivée à Bruxelles, nous avons rencontré Xavier Le Mounier, un fonctionnaire à la Commission Européenne pour en savoir plus sur l’implication de la Commission dans l’économie sociale au sens large.

Après avoir travaillé 11 ans dans le secteur du développement et de la coopération économique, des finances publiques et de l’appui budgétaire, Xavier Le Mounier exerce depuis 2012, ses fonctions à la Commission Européenne dans le secteur de l’innovation sociale.

Pour débuter l’entretien, il nous explique que l’a Commission reconnaît 3 sources de l’économie sociale :

  1. L’entrepreneuriat social : Des sociétés qui se distinguent par leurs finalités. Particulièrement sur l’utilisation des profits, les missions de l’entreprise socio-économiques, et leur gouvernance.
  2. Les acteurs historiques de l’économie sociale et solidaire, associations, mutuelles, coopératives mais qui ne concernent qu’une partie des Etats membres.
  3. L’innovation sociale : Un secteur transversal. « On voit des problèmes et on cherche des solutions ». Ce sont des solutions qui n’existent pas sur le marché, on ne s’intéresse pas au porteur de la solution mais à la solution elle même.

Pour résumer ses derniers propos, il précise que selon lui : « L’innovation sociale n’a pas d’odeur ».

Globalement la tendance est d’arrêter cette focalisation corporatiste de l’économie sociale et de la considérer dans l’entrepreneuriat social.

L’innovation sociale est de plus en plus considérée par les multinationales et les écoles de commerce. La Commission Européenne suit également ce mouvement.

  • Que fait la commission européenne pour l’innovation sociale ?

Une des initiative phare de la Commission Européenne en matière d’innovation sociale est un concours sur l’innovation sociale. Cette année en mars, à Gdansk, les 3 projets jugés les plus innovants remporteront 50 000 euros chacun.

L’année passée, l’un des projets gagnant avait été la création d’une entreprise d’insertion qui utilisait les chutes de tissus des grandes marques italiennes pour créer leurs propres vêtements.

  • Quelle est l’influence des mesures prises par la Commission Européenne sur les Etats membres ?

«  L’Europe, c’est les Etats membres. C’est le Conseil qui a le dernier mot »

La Commission Européenne a l’initiative législative, et représente l’intérêt général. Son budget est de 1% du PIB dont 80% sont détenus par les Etats membres, donc ce sont les Etats qui ont le pouvoir d’action.

La Commission est là pour inspirer les Etats membres, en les rassemblant pour échanger autour du thème de l’entrepreneuriat social, et leur permettre de prendre conscience de ce qu’il se passe chez leurs voisins.

  • Quel est la position des Etats face à l’entrepreneuriat social, et à l’implication de l’UE dans ce domaine ?

Il y a une tendance générale en Europe à promouvoir l’entrepreneuriat social depuis 2010/2011, comme pour l’innovation social. Mais certains Etats ne savent pas ce qu’est l’entrepreneuriat social.

Certains Etats ne veulent pas que l’UE s’en mêle, surtout lors des tentatives d’harmonisations de l’UE, d’autres sont moins hostile.

Mais faut-il harmoniser ?

Aujourd’hui, le discours de Juncker, le Président actuel de la Commission Européenne est « Ne sautons pas les étapes ». Il considère qu’il faut respecter les façons de faire de chaque Etat.

Dans l’ensemble c’est la commission qui s’allie avec ce qu’il se passe, elle est là pour répondre à un besoin juridique (comme l’exemple des taxis Uber). Xavier Le Mounier affirme:

« La vérité elle n’est pas içi elle est à l’extérieur, les gens ne nous attendent pas, ils font les choses ».

  • Une économie en marge ou un changement de l’intérieur ?

Un des défis de la Commission est d’entrainer les multinationales dans l’innovation sociale, et de connecter ces deux mondes. Il s’agit d’attirer tout le monde vers la même direction, qui correspond plus aux besoins actuels de notre société.

Le second est de trouver le pont entre ces bonnes initiatives et la mise en place de politiques publiques efficaces. A titre d’exemple, la création des mutuelles a été le fruit de la société civile et a entrainé la mise en place de la sécurité sociale sur tout le territoire. Mais le lien n’est pas si évident à faire.

  • Que peut-on espérer de l’entrepreneuriat social à terme ?

In fine on peut espérer que dans quelques années on parlera d’entreprises « non sociales ». Mais pour cela il faut faire des compromis sur les labels en ne serrant pas trop les critères.

Xavier Le Mounier prend l’exemple de Mc Cain : Ils ont incité des agriculteurs Grecques qui ne faisaient plus rien à se constituer en coopérative pour produire des pommes de terre pour eux. Ca permet à l’entreprise de s’afficher comme utilisant des produits locaux, mais ca permet aussi à des gens d’exercer leur activité.

  • La Commission Européenne a récemment sorti une méthodologie sur la mesure de l’impact social :

«Moi je n’y crois pas, c’est mélanger des poires, des pommes… ».

Mais elle traduit la volonté de la CE de donner un cadre pour que les investisseurs aient une visibilité.

  • Des fonds sont consacrés à la recherche dans votre secteur, qu’en pensez-vous ?

« Je préfère laisser les fonds à l’innovation qu’à la recherche économique ».

Les définitions sont les premiers ennemis de l’innovation, car vous figez les choses. Mais les lobbys de la recherche sont très fort aussi.

  • L’entrepreneuriat social, un modèle d’avenir ?

On ne parle pas de privatisation totale des Services Publics, mais face à de plus en plus de besoins et à des finances publiques serrées, c’est une réponse à la crise. On peut considérer que c’est une situation de Post-crisis.

« Moi j’y crois, d’une part ca se passe, et d’autre part il faut quand même qu’on ait une réflexion par rapport à la crise. Il faut arrêter cette religion de la croissance à tout prix ! »

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