FLASH Pérou !

Pendant notre traversé au Pérou, nous avons pu découvrir l’histoire et la culture si particulière de ce pays trois fois plus grand que la France.

Un petit point sur la géographie

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Le Pérou est divisé en 3 zones géographiques comme l’Équateur. A l’est, la Selva : immense forêt amazonienne, à l’ouest, la côte pacifique désertique et Lima, et au centre la Sierra : le massif des Andes. Ce pays possède une immensité de paysages magnifiques. Du nord au sud, la richesse naturelle des différentes régions nous a souvent étonnés.

Trente millions de péruviens peuplent ce pays, mais cette population est très inégalement répartie. La quasi-totalité de la population se situe sur la côte et la capitale concentre plus de 10 millions d’habitants, soit 1/3 de la population.

Pourquoi une telle répartition?

Entre les années 1980 et 1992, le « Sentier Lumineux », un parti communiste terroriste qui souhaitait renverser le pouvoir, a semé la terreur au Pérou. Le groupe a d’abord frappé dans la Sierra, où ils lançaient des attaques terroristes et essayaient d’enrôler les paysans. Pour les arrêter, l’armée s’en est mêlée et a envahi la région. Ce fût un bain de sang… Les militaires ne faisaient pas de différence entre les paysans et le sentier lumineux : ils ont massacré des centaines d’innocents.sent

Les habitants de Lima étaient, comme encore aujourd’hui, peu préoccupés par ce qu’il se passait dans la Sierra. Mais un jour le Sentier Lumineux a envahi la capitale, ils ont fait sauter des voitures, pendus des chiens… Cela a duré deux longues années. Finalement le Gouvernement de Fujimori a retrouvé le leader, Abimael Guzman, le 12 septembre 1992.

C’est en raison de ces événements que le Pérou a connu une importante vague de migration à cette période et que Lima concentre aujourd’hui 10 millions d’habitants.

Lima, le chaos !

Lima est une capitale fourmilière qui reflète la forte immigration des années 1990. Les montagnes sont recouvertes d’habitations, la ville déborde et le Gouvernement ne parvient pas à décentraliser.

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La circulation à Lima reflète bien les mentalités et l’ambiance qui y règne. Les voitures ont le pouvoir et tout est fait pour qu’elles le gardent. Dans la ville, les voitures roulent très vite et ne respectent aucune signalisation, les mini bus se font la course et les piétons n’ont pas intérêt à s’imposer. En ce moment sur la côte, deux voies passent à proximité de la mer, et le Gouvernement a pour projet d’en construire une troisième afin d’améliorer le trafic, ce qui ne laisserait plus aucune place aux piétons pour se balader au bord de la plage. Quelques surfeurs manifestent mais rien n’y fait, la population dans l’ensemble y est très favorable.

Au niveau politique Lima détient tout le pouvoir de décision, les autres régions ne sont pas autonomes. A Chiclayo, une ville au nord du Pérou, les gens nous ont expliqué que toutes les décisions et tous les financements passaient par Lima même s’ils concernent d’autres régions. Par exemple, si une ville veut créer une nouvelle université, elle doit avoir l’accord et les financements de la capitale.

Pour pallier ce problème, un comité de décentralisation fût créé. Mais comme nous disait Eugénie : « Ceux qui sont censés décentraliser sont ceux qui ont le pouvoir, ils n’ont donc aucun intérêt à le faire ».

Qu’en est-il de l’environnement ?

Les questions environnementales au Pérou sont à prendre très au sérieux, en effet le Pérou est un des 10 pays les plus vulnérables au changement climatique.

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Une des principales conséquences du réchauffement climatiques serait la pénurie d’eau potable dans les zones désertiques, car ils dépendent aujourd’hui de la Sierra. D’autre part, l’agriculture serait également un problème et particulièrement concernant les cultures de café qui nécessitent d’être entre 800 et 2 000 mètres d’altitude. Si la chaleur augmente, le risque est que les producteurs de café aillent s’installer dans les forêts protégées situées à plus haute altitude afin de retrouver la fraîcheur et de pouvoir cultiver.

Pourtant à Lima la pollution est à son comble, l’air est irrespirable. Mais aucune mesure n’est envisagée par le Gouvernement pour limiter l’impact environnemental de la population.

Alan nous confiait « Il y a 6 ans le Ministère de l’environnement a été créé, mais on n’en a jamais entendu parler depuis ».

Les mines et le Gouvernement, une grande histoire d’amour !

En ce moment il y a un gros conflit opposant le Gouvernement et les paysans du village de Cocachacra, dans la région d’Aréquipa au sud du Pérou.

Le Gouvernement a récemment conclu des accords avec des sociétés d’exploitation minière pour leur céder 85% du territoire de Tia Maria. Ce territoire est en majorité peuplé par des communautés indigènes qui vivent d’agriculture. Cette décision a donné lieu à des manifestations citoyennes dans la région, réunissant de nombreux paysans menacés de perdre leurs terres, mais ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre. Le Gouvernement dans sa lignée pro-capitaliste accuse les paysans de ne pas accepter le développement du pays. Dans un journal satirique de Lima, un dessinateur a caricaturé la situation de Tia Maria.

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« Nous allons lutter contre ces terroristes anti-mines qui n’acceptent pas le développement »

La population à Lima est dans une dynamique pro-développement, mais un développement à court terme. Il y a beaucoup de racisme à l’encontre de la population indigène, et pour se faire accepter les milliers d’indigènes qui ont immigré à Lima ont fait disparaître tout signe d’appartenance à leur communauté. Les tenues traditionnelles et leur dialecte sont oubliés, ils veulent paraître citadins à tout prix car le racisme est omniprésent. Marielle nous racontait une anecdote de voisinage. Un de ses voisins en faisant une réflexion à un passant à propos de son chien lui dit « Il faut que je te parle quechua pour que tu comprennes ? ». En conséquence, il y a peu de soutien des communautés de Tia Maria.

La politique :

Au Pérou, politique est synonyme de corruption. Ici les représentants volent, on le sait et c’est banalisé. « Puisqu’ils volent tous, on va choisir le moins pire ! » Mais malheureusement les prochaines élections ne donnent pas un grand espoir de changement…

Aux élections présidentielles la manipulation est à son comble. Puisqu’il est obligatoire de voter au Pérou, les candidats font le tour des bidonvilles en organisant des événements telsF qu’une distribution de nourriture par exemple. Et c’est ainsi qu’ils achètent les voix…

sans-titreDe cette manière Alan Garcia, qui avait ruiné le pays en 1985 a pu être réélu. Il a profité de la croissance économique durant son second mandat pour construire des routes et infrastructures, ce qui plait beaucoup aux péruviens et le place en tête pour les prochaines élections où il sera une nouvelle fois candidat. Face à lui, la fille de Fujimori (dictateur dans les années 1990-2000) sera également candidate. Elle cherche à libérer son père qui est aujourd’hui enfermé dans sa « prison dorée » mais a le soutient d’une bonne partie de la population.

Le Pérou n’a pas encore trouvé un président amenant la stabilité et diminuant la corruption comme ce fût le cas pour d’autres pays d’Amérique du Sud comme la Bolivie et l’Équateur. Espérons la stabilité pour les prochaines années…

L’éducation dans tout ça ?

Au Pérou, plus de la moitié de la population a moins de 30 ans. Cependant, la part du budget consacré à l’éducation n’est que de 3% (En France… En Équateur…). L’école est obligatoire dans les textes mais dans les faits beaucoup n’y ont pas accès.

En plus de ça, une des problématiques les plus alarmantes liées à l’éducation est la télévision, le Gouvernement ne régule aucun programme. Des dizaines de programmes télévisés diffusent des jeux télévisés stupides qui mettent en scène des célébrités en maillot de bain. Il est difficile de lutter contre ça, car même au marché ou au restaurant la télé est allumée et ces images défilent en boucle… Des manifestations de péruviens conscients ont été organisées au siège des chaînes qui les diffusent, afin de dénoncer la « télé basura » (télé poubelle) qui pourrait avoir de graves conséquences sur l’éducation des jeunes péruviens.

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Alors l’éducation au Pérou, c’est le domaine de l’Église.

De nombreuses associations catholiques œuvrent en faveur de l’éducation pour les plus démunis. L’association Tarpusunchis par exemple est une association tenue par les frères et financée par le réseau Lasanien. Elle promeut le développement intégral et durable des classes populaires du pays dans le domaine de l’éducation. Ils ont des écoles gratuites et libres d’accès pour pallier le manque de l’État.

Le pays de la « papa ».

La « papa » ! La patate !

Ici, c’est le pays des pommes de terre, on en répertorie plus de 200 variétés différentes et de toutes les couleurs. Avant, les pommes de terre colorées étaient considérées comme « la nourriture des pauvres », ceux qui habitent dans la sierra. Mais un grand chef péruvien a commencé à en cuisiner et à en faire des plats gourmets. Grâce à lui les gens ont commencé à en manger ce qui a permis de relancer la culture de ces « papas nativas ».

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Mais en plus d’en manger et d’en cultiver, les péruviens sont les meilleurs pour les soigner !

En effet le Pérou est le premier pays exportateur d’antidote pour les cultures de pomme de terre. Ils ont de grands laboratoires qui sont la fierté du pays.

Coca Cocaïne !

La coca fait partie des traditions au Pérou, on mâche de la coca pour le mal de l’altitude, le mal de tête, et puis aussi beaucoup par habitude…

Ici on en produit beaucoup parce que ça rapporte ! En effet, la coca se vend très bien car on la mâche, mais surtout parce qu’on la transforme. La cocaïne est partout dans le pays, c’est un marché très important renforçant le secteur de l’économie informelle, qui au total représentante 70% de l’économie du pays.

Grâce à notre rencontre avec Humberto, prêtre depuis 30 ans au Pérou, nous avons pu en savoir plus sur les conséquences de ce marché noir.

« En Colombie, au Pérou, en Bolivie c’est le même problème…

Le problème c’est qu’ils n’arrivent pas à blanchir l’argent des trafics, il y en a trop qui arrive d’un coup. L’économie c‘est comme une personne qui est habitué à manger toujours la même ration, elle ne peut pas avaler le double du jour au lendemain.

Les belles bagnoles dans des quartiers de classe moyenne, on se demande d’où ça vient. Et les restos, il suffit d’avoir quelques notions en économie pour se rendre compte qu’il y a beaucoup d’argent qui vient d’ailleurs. »

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