Les Passeurs de Bonheur – Par Frederick

Jeudi 19 Janvier dernier, en soirée, la Fabrique Spinoza (think-tank) organisait la réunion des Passeurs de Bonheur au centre DARWIN, l’Eco-Système de la caserne niel, à Bordeaux. Le thème abordé ? Le bonheur au travail.

Frederick, l’un de nos volontaires en service civique, a pu se rendre sur place et nous fait revivre en quelques lignes son expérience à travers ses yeux, ses ressentis, ses interrogations…

«C’est la veille de l’évènement, en visitant le site de la Fabrique Spinoza, que j’ai pris connaissance de la réunion. Travaillant actuellement sur la thématique du bonheur et très sensible à cette question du bonheur au travail, je me suis décidé, un peu sur un coup de tête, d’y assister. J’étais curieux de savoir ce qui se cachait derrière ces trois mots – Passeurs de Bonheur – qui mis ensemble, m’intriguent et me font rêver.

Il est 12h35 le jour J et mon Ouibus démarre de La Gare de La Rochelle direction Bordeaux. Arrivée sur place, j’ai 3h pour me perdre dans les rues de la belle ville éclairée par un doux soleil d’hiver.

Il est 17h55 et j’entre au cœur de l’écosystème Darwin. «C’est bon, j’ai 5 minutes d’avance». Je suis immédiatement conquis par l’endroit, son architecture originale, et ses valeurs éthiques mises en avant. Pour ce qui ne connaisse pas, Darwin c’est un peu comme une grande fourmilière en plein cœur de Bordeaux où grouillent une multitude d’acteurs désireux de promouvoir des initiatives positives basées sur le développement du territoire, l’humain, l’économie verte et créative… Jusqu’ici ça me parle !

J’ai aussi apprécié la bienveillance des gens qui fréquentaient l’endroit. Un peu comme tout le monde venant à Darwin, je me suis perdu et immédiatement, une personne m’a accompagné jusqu’à la conciergerie, où j’y rencontre d’autres «passeurs de bonheur», eux aussi perdus… C’est peut être anecdotique mais ça traduit bien l’esprit.

La réunion avait lieu dans une grande salle vitrée, au milieu d’un espace de coworking. Vous savez ? Ces immenses espaces ouverts propices à l’émergence des grandes idées ?! Sarah de la Fabrique Spinoza nous y reçoit chaleureusement. Tout le monde est là. La réunion peut enfin commencer.
On était plus d’une vingtaine au total : de l’étudiante en ressources humaines au retraité, en passant par des syndicats, des coachs / formateurs ou encore des écrivains, des «Révélateurs de Bonheur» et même des citoyens lambdas qui passaient là par hasard… Cette diversité montrait bien que le bonheur au travail est aujourd’hui une affaire de tous, quel que soit l’âge ou le secteur d’activité. On avait tous en nous cette volonté de faire du monde du travail un lieu plus humain, qui contribue à l’épanouissement de l’individu dans sa globalité. Comment faire ? Telle était notre mission !

Le passage de la clémentine de mains en mains permet à chacun de se présenter. Commence ensuite la première partie de la réunion où 4 groupes sont constitués. L’idée est que chaque groupe fasse un brainstorming autour de questions telles que «Qu’est-ce que le bonheur au travail ?» «Est ce possible d’être heureux au travail ?» «Quels sont les leviers du bonheur au travail ?». Les échanges entre nous étaient riches et dynamiques. Certains sujets suscitaient même des émotions douloureuses révélatrices des effets marquants que pouvait avoir le travail sur l’individu. Une fois les idées échangées, un référent à chaque groupe partageait au reste de la salle les points abordés. Ont été abordées les notions de sens, de l’adéquation entre les valeurs portées par la culture d’entreprise et celles de l’individu, de la qualité des relations entre collaborateurs ou encore du lien entre bien être et productivité / créativité.

Les nombreux témoignages personnels de chacun permettaient de mieux appréhender la complexité du bonheur au travail. Nous étions alors tous bien imprégnés du sujet avant d’entamer la deuxième partie : «Quelle(s) action(s) faut-il entreprendre pour sensibiliser la société à la question du bonheur au travail ?».

Forcément ! Se rencontrer et discuter tranquillement du bonheur autour de biscuits et gâteaux apéro, c’est bien ! Mais mobiliser notre énergie autour d’actions concrètes et percutantes, c’est mieux, non ?!

Nous revoilà partis pour cette réflexion autour de ces moyens d’agir. J’avais dans mon groupe 3 passeurs de bonheur dont Kham, ce curieux personnage muni de son appareil photo, qui lui même ne savait pas trop ce qu’il faisait là…

Les idées se mirent à fuser dans tous les sens et étant le référent de mon groupe, je pris soin de tout noter, pour le synthétiser aux autres.
Différents points sont revenus plusieurs fois, notamment l’importance de l’éducation des jeunes sur les risques liés au travail ; et de montrer qu’en parallèle se développe une multitude de techniques et d’outils capables non seulement d’éviter ces risques, mais aussi de faire du travail une véritable source d’épanouissement.
L’ action individuelle est également un point qui a été soulevé. Parler simplement du bonheur (au travail ou dans la vie en général) autour de nous, sur les réseaux sociaux, c’est démocratiser un sujet trop souvent jugé utopique et pas suffisamment concret. Or les études montrent aujourd’hui clairement que l’aspiration au bonheur, peu importe le milieu, est un puissant moteur de transformation de notre société.

Pour les sceptiques ou les avides de nouvelles connaissances, c’est par ici : http://fabriquespinoza.fr/…/les-incontournables-de-la-litt…/. Bien souvent, c’est le dirigeant qui est tenu responsable de l’épanouissement de ses collaborateurs au travail. Il est vrai qu’il a un rôle central mais il est également du devoir de chaque individu d’inviter à cette réflexion sur le bonheur au travail, en interpellant l’ensemble des parties prenantes de la structure. L’impulsion doit se faire à tous les niveaux… 

Enfin, le dernier volet abordé est celui de l’action collective qui permet de fédérer et sensibiliser un grand nombre d’acteurs autour de la thématique. Etant réunis, c’est logiquement autour de cette mesure que s’est orientée notre prochaine action. L’idée sur laquelle nous avons convergé est la création d’un évènement qui serait un lieu de témoignages personnels sur la question du bonheur au travail. Les contours étant posés, on se doit maintenant de réfléchir aux intervenants potentiels qui prendraient la parole lors de cet évènement. Vous avez des idées ? Elles sont les bienvenues ! Et c’est sur ces instructions que la réunion des Passeurs de Bonheur a pris fin, avant de se réunir prochainement pour faire naitre un peu plus cette action concrète.

Pour les plus motivés et disponibles d’entre nous, on s’est tous retrouvés au restaurant de Darwin – Le Magasin Général. On aurait pu croire qu’après plus de deux heures à disséquer le bonheur au travail, les gens préférerait parler d’autres choses mais non ! Les échanges sur cette thématique se sont poursuivis jusqu’au repas. J’ai pris conscience que nous étions tous pleinement pris dans nos discussions lorsque le serveur est venu prendre les commandes alors que la moitié d’entre nous n’avions même pas encore ouvert la carte. Oui oui. C’était intense ! Entre deux bouchées, je pris le temps d’en apprendre un peu plus sur tous ces passeurs de bonheur. Les parcours étaient tous très différents mais la direction était la même, et c’était magique de voir la dynamique qui s’en dégageait.

Il est 22h18 et j’ai 12 minutes pour rejoindre la Porte de Bourgogne à pied. C’est le lieu de rendez-vous fixé avec mon covoit’ pour retourner à La Rochelle. Malgré le burger frites fraîchement avalé, je parviens tout de même à être à l’heure. Dans la douleur mais à l’heure. Je rejoins dans la voiture 4 jeunes âgés entre 18 à 23 ans. Suite aux présentations «Moi c’est Fred» vient la question incontournable «Alors, t’es venu faire quoi à Bordeaux ?» Forcément, c’est avec enthousiasme que je raconte ma soirée. Je raconte à quel point le bonheur au travail c’est important. A quel point les choses évoluent. A quel point l’épanouissement de l’individu au travail, c’est possible. Que de nombreuses études confirment tout ça. Oui, ça bouge. Ça bouge plus vite qu’on ne le pense. Et en face… En face, ce n’est pas très très réceptif… Je demande alors «T’en penses quoi de tout ça toi ?» «Bof». «Et toi t’en penses quoi ?» «Moi si je bosse 50h par semaine dans un hôtel sans être payé, c’est pour avoir une bonne note à mon rapport de stage, c’est tout !» «Et toi ?» «Moi je suis en 1ère année d’école d’ingénieur mais je ne sais pas ce que je veux faire plus tard». C’est un peu comme si j’essayais d’allumer une bougie sans mèche. En discutant un peu de leurs parcours, je pris conscience d’une chose : le regard qu’ils portaient sur le monde du travail (et sur la vie en général) manquait d’optimisme, de magie, de passion. Une certaine impuissance aussi, face à l’hyper compétitivité du marché. Ils n’avaient pas forcément tords et étaient juste pris dans les mailles d’un système complexe qui peine à évoluer. Si complexe qu’ils ne cherchent même plus à s’en sortir. J’ai réussi à animer le débat jusqu’à Saintes avant que les paroles de Nekfeu ne prennent ma place. On n’avait pas si tord à la réunion. Il faut éduquer. C’est Nelson Mandela qui voyait l’éducation comme l’arme la plus puissante pour changer le monde. Faut croire qu’il n’avait pas tord non plus…

Il est 00h45 et j’arrive à La Gare de La Rochelle. En 12h, je venais d’absorber une dose d’enseignements aussi intenses que bouleversantes. Si intenses que j’en redemande. Si bouleversantes que j’apprends à mieux les accueillir à chaque fois.

Merci à tous pour cette superbe expérience. Je pense bien entendu à la Fabrique Spinoza (think-tank) mais aussi à DARWIN, l’Eco-Système de la caserne Niel (qui malheureusement est amené à disparaître bientôt… Plus d’infos sur la page Darwin).

Merci également à tous les Passeurs de Bonheur qui ont su me transmettre leurs sensibilités et précieux regards sur le monde du travail. Sans oublier les jeunes du covoiturage, sans qui je n’aurais pas eu cette claque me permettant de prendre pleinement conscience du travail éducatif à réaliser…

Voilà ! C’était – en quelques lignes – mon retour d’expérience sur cette première soirée de Passeurs de Bonheur. Certainement pas la dernière… »

 

Frederick HARDY, Volontaire en Service Civique et PASSEUR DE BONHEUR !

 

 

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